Mariage homosexuel : Le parquet requiert 2 ans de prison ferme pour les 25 jeunes

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25 homosexuels ont été arrêtés à la Cité Keur Gorgui, alors qu’ils célébraient un anniversaire et le mariage entre Matar Diaw et Yakhya Ndiaye. Après leur inculpation et placement sous mandat de dépôt pour acte contre nature, les 25 jeunes ont comparu, ce vendredi, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar.

Mariage entre deux hommes

A la barre, Matar Diouf avoue avoir invité ses amis à son anniversaire. Toutefois, il ne conteste pas non plus, la célébration de son mariage avec Yakhya Ndiaye, cette nuit du 19 octobre dans un appartement à Sacré-Cœur. Ce dernier était détenteur de deux alliances et d’une chaîne, selon les éléments de l’enquête. Malgré les allégations de Matar Diouf qui le désigne comme étant son amoureux, Yakhya conteste être gay.

10 préservatifs, des Bine Bine, maquillages, tests Vih 

En outre, après  perquisition de l’appartement, les éléments de la police de Dieuppeul avaient saisi 10 tests du Vih sida, des préservatifs, des lubrifiants, des «bines-bines», des boîtes à maquillage, des tenues de femmes, entre autres. Les policiers ont aussi constaté la présence de plusieurs jeunes, torse nu, entassés sur un lit dans une chambre de l’appartement.

La juge de poursuivre son interrogatoire tout en signifiant que les preuves matérielles trouvées sur les lieux montrent clairement deux banderoles où est inscrit “Heureux Ménage”, “Happy Birthday”.

Les Aveux 

Matar Diaw, tailleur de son état, né en 1996 et qui devait fêter son anniversaire, déclare : “Tous ceux que j’ai invités au mariage, nous partageons le même penchant sexuel. D’ailleurs nous avons des signes particuliers pour nous reconnaître. Mais je n’ai eu de relations avec aucun d’entre eux“, a-t-il dit. La présidente du tribunal de revenir à la charge pour demander le pourquoi de la présence sur les lieux de deux alliances et d’une chaîne.

Diaw répond qu’il devait se marier avec le nommé Yahya Ndiaye qui est son copain. “Yahya est ma copine“, lâche t-il.

Abdoulaye Hann, quant à lui, déclare à la barre : “C‘est par le biais de mon frère que je suis invité à cet anniversaire. Mon frère m’a dit c’est Matar son tailleur. Une fois arrivé, j’ai trouvé l’affaire un peu bizarre parce que tous les invités étaient des hommes. Mais je me suis dit que c’est leur problème. Et c’est là que la police a débarqué. Au début, je croyais même que c’était des agresseurs. Parce que l’un d’eux m’a insulté avant de me traiter d’homosexuel.

Au tour de Mamadou Diéye, seul homme marié de la bande et père d’une fille, de dire ses vérités à la juge: “Matar Diaw est mon tailleur et celui également de ma femme et de ma fille”. Et quant la procureure s’intéresse à sa présence sur les lieux et pourquoi il était torse nu au moment de son interpellation, il dit :  “J‘ai juste enlevé ma Jellaba pour faire mes ablutions. Parce que je devais prier. J’avais même prévu d’amener ma fille et ma femme. Donc si je savais que Matar était un homo, je n’allais pas penser à amener ma famille.

La représentante du ministère public a requis 2 ans de prison ferme contre les mis en cause.

Les conseils de la défense ont, à tour de rôle, sollicité le renvoi des prévenus des fins de la poursuite, car l’acte contre nature n’est pas constant. Selon l’un des avocats de la défense, en l’occurrence Me Abou Abdoul Daff, même si les prévenus ont reconnu leur homosexualité, ils ne sont pas poursuivis pour cela. «L’homosexualité n’est pas réprimée pas la loi sénégalaise», a relevé la robe noire.

Cils, tests sida, lubrifiants

Dans sa plaidoirie, Me Khalil Sèye précise que c’est dans le sac de Moussa Seck, assistant social, qu’on a retrouvé les faux cils, les gels lubrifiants, les boîtes à maquillage et les tests de Vih sida. «C’est dommage, certains parmi eux sont dans la déviance, nous ne le cautionnons pas, mais nous sommes tenus de solliciter leur renvoi des fins de la poursuite», a plaidé la robe noire.

Au vu de l’article 319 du Code pénal sénégalais, je requiers une peine de 2 ans d’emprisonnement ferme“, a déclaré la Procureure.

Le verdict

Au terme des plaidoiries, le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 6 novembre 2020.

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