Sibeth Ndiaye : « Ma conviction est que le voile tient de l’oppression… »

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Malgré le vote de la loi sur les signes religieux en 2004, le port du voile ne cesse de faire l’objet de polémiques en France. En octobre dernier, le débat sur le voile islamique y a été relancé après qu’un élu RN (Rassemblement national) de Marine Le Pen a pris à partie une mère voilée lors d’une séance d’un conseil régional. Certains politiques réclament son interdiction lors des sorties scolaires.
Invitée des Matins de France Culture, la sénégalaise Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement français, a une appréciation assez ambiguë de la question. Elle soutient que « l’Islam est profondément compatible avec les valeurs de la République ». Mais avance une position qui laisse à désirer : « Le voile est plutôt en lien avec quelque chose qui tient de l’ordre de l’oppression de la femme », renchérit-elle et précise que c’est sa conviction de féministe.

« Moi, je le crois très profondément. Qu’il puisse y avoir du dévoiement, qu’il puisse y avoir des gens qui font un pas de côté et parfois un très gros pas de côté qui les mène vers la radicalisation, il faut le condamner, mais l’Islam est profondément compatible avec les valeurs de la République. Est-ce qu’une femme voilée est compatible avec les valeurs de la République ? Mon sentiment personnel, c’est que le voile est plutôt en lien avec quelque chose qui tient de l’ordre de l’oppression de la femme. C’est ma conviction de féministe », dira-t-elle.

« Mais je sais aussi, parce que j’ai vécu très longuement en Seine-Saint-Denis, où vous avez une communauté musulmane importante, je sais aussi qu’il y a des femmes qui ne le ressentent pas comme tel. Quel est mon devoir politique ? C’est de m’assurer que les femmes qui font le choix de porter le voile, le font en toute liberté. Et donc je crée les conditions à l’école de l’apprentissage des valeurs républicaines. Et les femmes qui font ce choix là le font en conscience parce que c’est leur choix. Mais ça, je veux m’en assurer. Je veux être certaine qu’elles ne sont pas contraintes », conclut-elle.

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