les choix de Thomas Tuchel posent encore question

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Disons le tout de suite, on ne comprend plus grand-chose aux choix de Thomas Tuchel. Ou plutôt la cohérence de ses choix. Tout a bien évidemment commencé avec le 3-4-3 sorti du chapeau à Dortmund, après deux mois passés à aligner des 4-4-2. Dans les faits, le 3-4-3 n’était pas si farfelu au regard du déroulé de la rencontre et la ligne défensive méritait bien du renfort sur cette rencontre. Mais la mise sur le banc d’Icardi et Cavani, la non sélection de Paredes dans le groupe et un seul changement effectué tardivement avaient ajouté aux doutes sur les décisions du coach allemand. Le match aller a au moins généré une certitude : Marco Verratti et Thomas Meunier ne seront pas là au match retour. Ce qui ne simplifie pas forcément la réflexion de l’entraîneur parisien, bien au contraire, en témoignent ses dernières déclarations et compositions d’équipe.

Commençons par le cas Leandro Paredes. Il n’était pas dans le groupe pour le huitième de finale aller. Pourtant, de fin novembre à janvier, le milieu argentin était monté en puissance, dévoilant un niveau physique jamais vu chez lui depuis son arrivée. Mais au mois de février, Tuchel ne faisait subitement plus vraiment appel à lui, jusqu’au match à Amiens, où il était titularisé mais sorti dès la 60e minute. La prise de bec ce jour-là avec Tuchel lui a probablement coûté sa présence à Dortmund. Mais l’absence de Marco Verratti pour le retour a changé la donne. Du moins le croyait-on. Puisqu’il avait été le meilleur milieu du PSG ces trois derniers mois, avec Tanguy Kouassi, on pouvait l’imaginer comme le remplaçant naturel de Verratti. Mais il n’est pas aligné contre Bordeaux, pas plus contre Dijon (il entre en jeu pour le dernier quart d’heure). Et le revoilà mercredi soir contre l’Olympique Lyonnais.

Paredes, un coup oui, un coup non

En conférence de presse, Thomas Tuchel a expliqué son choix, à savoir de remettre Marquinhos en défense centrale et de laisser place à Paredes au milieu. « C’est la décision pour aujourd’hui, car il nous manquait Thiago et Kimpembe. On a décidé ça pour l’expérience de Marquinhos pour donner quelques minutes aussi Leo (Paredes). Il doit jouer pour être prêt aussi contre Dortmund. Il a mérité de jouer. On a confiance en Leo aussi. C’était nécessaire qu’on donne des minutes et du rythme à Leo parce que c’est presque la même personnalité de joueur (par rapport à Verratti, ndlr). » Revoilà donc Paredes en jeu et dans la course pour une place de titulaire contre Dortmund mercredi prochain. Et ce malgré une prestation en demi-teinte face à l’OL, où sa lenteur a sauté aux yeux, tout comme son manque de complémentarité avec Idrissa Gueye.

Quid de Marquinhos ? Moins impérial en défense centrale ces derniers temps, le joueur brésilien est destiné à un poste de milieu de terrain par Thomas Tuchel, qui ne manque jamais une occasion de dire à quel point l’influence de Marquinhos est grande dans l’entrejeu. C’est au milieu qu’il avait débuté contre Bordeaux et Dijon au Parc des Princes. Mais c’est en défense qu’il a évolué face à l’OL. La cause ? L’absence de Thiago Silva. Si l’habituel capitaine du PSG devait être absent pour le match retour, Marquinhos serait privilégié en défense pour amener son expérience, aux côtés de Kimpembe. Si Thiago Silva était présent, Marquinhos remonterait d’un cran, au milieu, poussant Paredes sur le banc. Reste aussi le cas Kouassi, souvent titularisé ces dernières semaines (au milieu parfois, en défense contre Amiens et Dijon) mais jugé un poil trop tendre pour un huitième de finale retour sous haute pression.

Marquinhos et Kehrer en variables d’ajustement

L’autre surprise de la composition d’équipe de Thomas Tuchel face à l’OL était la présence de Thilo Kehrer en défense centrale. Alors qu’il est destiné à évoluer latéral droit contre Dortmund avec la suspension de Meunier. Là aussi, Tuchel s’est expliqué. « Sans Kimpembe et Silva, on a décidé de mettre Kehrer et Marquinhos ensemble car c’est un match décisif et ils ont de l’expérience. On a laissé Meunier débuter à droite, il ne peut pas jouer contre Dortmund et on avait aussi ça en tête. On a pensé à mettre Kehrer à ce poste là mais c’est un poste très intensif, il peut y jouer mais il n’y a pas de grandes différences entre les deux postes. » Il ne reste donc plus que le déplacement à Strasbourg pour redonner quelques repères supplémentaires à Kehrer au poste de latéral droit, où il défend mieux que Meunier mais montre moins d’aptitudes offensives.

Reste la question de l’organisation globale. Tuchel semble bien décidé à installer le 4-4-2 pour le match retour contre Dortmund. Il voulait profiter du match à Lyon, un match à élimination directe, pour sentir ses joueurs sous pression. Il a pu constater un équilibre précaire dans le schéma de jeu, avec quatre offensifs souvent coupés du reste de l’équipe, un milieu dominé par celui de l’OL et un manque de liant entre les lignes. Cela reste assumé tant que les autres de devant, et principalement Neymar et Mbappé sont capables d’amener le danger régulièrement dans la surface adverse. La grande question étant : cela suffira-t-il pour franchir l’obstacle Dortmund ?

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