Vjosa Osmani : A 38 ans, une féministe devient présidente du Kosovo

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Après Samia Suluhu Hassan, désormais présidente de la Tanzanie, c’est autour de Vjosa Osmani de marquer un point en faveur des femmes en prenant la tête du Kosovo. Elue présidente du petit pays des Balkans le 4 avril dernier, la juriste réformiste et féministe avait quitté la Ligue Démocratique du Kosovo pour se rallier au Parti gauche souveraine Vetëvendosjeen rejoignant ainsi Albin Kurti. Élue présidente du Kosovo à 38 ans, Vjosa Osmani a entre autres pour objectif de redresser l’économie du pays mais aussi de renouer le dialogue avec la Serbie.

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« Les femmes ont le droit d’être là où elles le veulent »

La présidente du Kosovo élue le 4 avril dernier se veut représenter une toute nouvelle génération de leaders politiques. Cette élection marque ainsi la fin du règne des anciens commandants rebelles de la guerre d’indépendance du Kosovo contre la Serbie de 1998 à 1999. Fortement populaire et appréciée au Kosovo notamment par les jeunes et les femmes, l’actuelle présidente avait obtenu avec son allié réformiste de gauche, Albin Kurti, une victoire écrasante aux élections législatives de Kosovo.

 

Vjosa Osmani
Vjosa Osmani

 

En effet, Vjosa Osmani a raflé plus de 300 000 voix aux législatives. Si elle occupait seulement le poste de présidente du Kosovo par intérim après l’arrestation de Hashim Thaçi qui avait été inculpé pour crimes de guerre, Vjosa Osmani a été officiellement élue présidente du Kosovo par le parlement. Elle a obtenu 71 votes de députés sur un total de 120. L’accession de la jeune femme de 38 ans à la présidence est d’autant plus étonnante quand on sait que le Kosovo est un pays dans lequel la culture patriciale est encore très dominante. Toutefois, l’élection de Vjosa Osmani à la tête du pays montre bien que les femmes prennent de plus en plus de place dans ce petit pays des Balkans. Et ce, que ce soit dans les administrations qu’au niveau des postes politiques.

 

Vjosa Osmani
Vjosa Osmani

 

Dans le gouvernent kosovar, on compte désormais 6 ministres de sexe féminin sur 15 et les femmes constituent un tiers des parlementaires. Après son élection, Vjosa Osmani a d’ailleurs adressé ses premiers mots à l’endroit des femmes. « Les femmes ont le droit d’être là où elles le veulent. N’arrêtez pas, n’arrêtez pas d’aller de l’avant. Tous vos rêves peuvent devenir réalité », avait-elle affirmé, l’air émue. Professeur de droit à l’université de Priština et femme politiquement très active, Vjosa Osmani parle 5 langues à savoir l’albanais, le serbe, l’anglais, le truc et l’espagnol.

 

« Elle n’a peur de rien »

L’actuelle présidente du Kosovo est aussi mère de deux jumelles. Elle s’est récemment affichée sur Twitter à travers un post sous lequel il était écrit en légende : « Mes filles sont ma motivation quotidienne et me font croire qu’une maman de jumelles peut tout faire. À travers la voix de #MiriamCani & #AlbanSkenderaj, nous avons chanté #TiJeDhurata pour tous les enfants, qui inspirent à leurs parents le courage de ne jamais abandonner », rapporte sunubuzz. Mais si Vjosa Osmani a été élue présidente du Kosovo, ce n’est pas parce qu’elle a la fibre maternelle mais surtout parce qu’elle « n’a peur de rien ». Lees médias de son pays la décrivent d’ailleurs comme une femme téméraire qui ne recule devant rien.

 

Vjosa Osmani
Vjosa Osmani

 

Au Kosovo, elle figure parmi les premiers personnages politiques qui ont mené une guerre contre la corruption des élites. Elle n’a d’ailleurs pas hésité à claquer la porte du parti auquel elle appartenait, la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK), lorsque celui-ci a posé des actes qui étaient contre les valeurs qu’elle défendait. En effet, le média sunubuzz informe que Vjosa Osmani avait d’abord rejoint le parlement kosovar en tant que membre du LDK. Elle quitte par la suite ce parti politique après que celui-ci ait favorisé le déclin du gouvernement d’Albin Kurti. C’est ainsi que la juriste réformiste procédera à la création de son propre mouvement dénommé Guxo, c’est-à -dire « Osez » avant de rejoindre le mouvement Vetëvendosje (VV, autodétermination) du Premier ministre.

 

« Ma porte sera ouverte à tous »

Après avoir été élue le dimanche 4 avril dernier, Vjosa Osmani a prêté serment à titre de présidente de la république et a appelé les entités de son pays à opter pour la paix et le rassemblement. « Je promets de renforcer l’Etat, l’Etat de droit », avait-elle annoncé en affirmant qu’elle comptait être la « présidente de tous ». « Nous ne sommes pas nombreux, alors ne nous divisons pas. Ma porte sera ouverte à tous », avait ajouté la présidente lors de son assermentation.

 

Présidence féminine – Vjosa Osmani transfigure le Kosovo | Tribune de Genève

 

Dans un pays où le chômage des jeunes a atteint une forte proportion soit près de 50% et où le salaire moyen est de 500 euros, la nouvelle présidente a de nombreux défis à relever. Elle a d’ailleurs annoncé qu’elle se battrait en faveur de la « justice et des emplois ». En outre, du fait de la faiblesse du système sanitaire du Kosovo, la pandémie associée au coronavirus a fait plus de 1900 morts dans le pays.

Une meilleure gestion de la crise sanitaire est donc attendue de la nouvelle cheffe d’État. Pour ce qui est des rapports compliqués avec la Serbie, le Kosovo, ancienne province de Belgrade qui a obtenu son indépendance en 2008, est invitée à rouvrir un dialogue. Sur ce point, la présidente kosovar se montre sceptique car selon elle, « La paix ne sera possible qu’après des excuses de la Serbie ».

 

« Je me considère comme une féministe »

Aux côtés de leur combat pour favoriser une meilleure justice et la création d’emplois au Kosovo, Vjosa Osmani et son premier ministre Albin Kurti doivent aussi trouver des vaccins pour le pays afin de lutter contre la pandémie du coronavirus qui a fait de nombreux ravages. Un autre point qui tient à cœur à Vjosa Osmani, c’est la lutte contre la corruption d’élites qui sévit au Kosovo depuis quelques années. De son côté, elle s’est toujours montrée farouchement opposée à toute forme de corruption. Le pays ne pourra pas relever les nombreux défis qui l’attendent « si nous ne démolissons pas le mur énorme et solide du crime et de la corruption érigée au fil des années », avait rappelé la présidente.

 

 

Souvent en proie à de nombreuses attaques sexistes, Osmani ne cesse de mettre en exergue ses convictions féministes. « Je me considère comme une féministe ». « ​Et le féminisme veut dire l’égalité, surtout pour les jeunes filles que les sociétés patriarcales, comme celle du Kosovo, cherchent à faire taire ». , répète-t-elle très souvent.

 

 

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