COUPS ET BLESSURES VOLONTAIRES : Mauvaise nouvelle pour Bamba Fall

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À la suite de plusieurs renvois, Astou Sène a été jugée, hier, par le tribunal d’Instance de Dakar.

Poursuivie pour coups et blessures volontaires, la militante du maire élu de la Médina, Bamba Fall, a donné des explications tirées par les cheveux pour justifier les graves blessures de sa victime.

Revenant sur le mobile du différend, rapporte Rewmi Quotidien dans sa livraison de ce mardi, elle déclare qu’elle a été invectivée par Fatou Wade à travers une publication sur Facebook.

« Elle m’a taxée de prostituée, avant de traiter ma mère de mendiante. Lorsque je suis sortie à 11h pour me rendre chez ma maman, elle m’a agressée avec une lame. Elle a lacéré tout mon bras pendant que ses acolytes me rouaient de coups. Certains d’entre eux voulaient me conduire à la plage pour me tuer », a raconté la trentenaire.

À l’en croire, la partie civile s’est blessée au moment où elle tentait de détourner sa main.

« Je ne voulais pas qu’elle me blesse au visage. Parce qu’elle m’avait déjà infligé des blessures à différents endroits du corps. Ce sont les policiers qui m’ont transportée à l’hôpital. Je suis malade jusqu’à présent. Je ne dors pas la nuit », a-t-elle argué.

Une version qu’a battue en brèche la partie civile, laquelle a subi des blessures à l’arcade sourcilière, au front et à la tête.

D’après ses dires, la mise en cause avait créé un faux compte avec comme pseudonyme « Domou Médina ».

« Elle a été la première à me traiter de fille de joie. Aussi, elle m’a accusée d’avoir couché avec son père », a-t-elle précisé.

Le jour des faits, poursuit-elle, elle venait de quitter son atelier de couture pour se rendre au marché Tilène.

« Dès qu’elle m’a vue, elle m’a appelée par mon nom. Je me suis retournée et elle m’a menacée en ces termes : « Tu vas voir aujourd’hui de quel bois je me chauffe ». Je ne sais pas ce qui s’est passé après, car je me suis évanouie », a fait savoir la partisane du candidat malheureux de la coalition Benno Bokk Yakaar pour la commune de la Médina aux élections locales du 23 janvier 2022.

« C’est un acte éminemment criminel »

Pour Me Mouhamadou Moustapha Dieng, la partie civile a été victime d’une véritable agression avec préméditation.

« C’est un acte éminemment criminel. Ce sont des gens qui ne connaissent rien de la démocratie, qui veulent instaurer la chienlit. La justice n’est pas là pour les politiques », a fulminé la robe noire.

Embouchant la même trompette, Me El Hadji Diouf d’asséner : « On voulait intimider Cheikh Bâ pour l’empêcher de faire sa campagne. La victime ne pouvait même pas dire son nom lorsque le médecin a tenté de la réanimer. Nous avons mal. Toute la Médina a mal. Cheikh Bâ a mal ».

Pour la réparation du préjudice, les conseils de la partie civile ont réclamé 200 millions FCFA.

« On aurait pu demander des milliards parce que cette dame ne sera plus belle », a lâché Me Diouf.

« Il n’y a pas de proportionnalité entre les blessures et les 15 jours d’itt »

Prenant la parole, le substitut du procureur a requis six mois d’emprisonnement ferme. « La victime a subi cinq points de suture. Si vous avez le courage de causer de telles blessures, faut en assumer les conséquences », peste-t-il.

À défaut d’une relaxe, la défense a sollicité une application bienveillante de la loi. Me Alioune Badara Ndiaye a estimé qu’il n’y a pas de proportionnalité entre les blessures de la plaignante et les 15 jours d’incapacité temporaire de travail. « Les blessures ne sont pas très graves », affirme-t-il.

« Le droit ne s’applique pas de manière mécanique et bête. La prévenue ne mérite pas d’être maintenue en prison », a ajouté Me Ousseynou Fall.

Un avis que ne partage pas la présidente de la séance qui a prolongé le séjour carcéral de la comparante.

Placée sous mandat de dépôt le 10 janvier dernier, Astou Sène a finalement écopé d’une peine d’un an dont, six mois ferme. Elle doit également payer 2 millions FCFA à la partie civile.