Un soutien de Reckya Madougou à l’extérieur de la cour de Porto-Novo au Bénin

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La justice du Bénin a condamné samedi l’opposante Reckya Madougou à 20 ans de prison pour terrorisme. Une condamnation politique selon les opposants au président Patrice Talon.

L’opposante béninoise et ancienne garde des Sceaux Reckya Madougou a écopé, samedi 11 décembre, de 20 ans de prison pour terrorisme devant un tribunal spécial à Porto-Novo, la capitale du Bénin, qui avait condamné quatre jours plus tôt un autre opposant à 10 ans de prison.

Après plus de 20 heures d’audience, Reckya Madougou, 47 ans, a été reconnue coupable de « complicité d’actes terroristes » par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). L’opposante, qui avait plaidé non coupable, a été condamnée à la peine requise par le procureur.

Mis en place par le pouvoir en 2016, ce tribunal spécial est accusé par ses détracteurs de servir d’instrument juridique du pouvoir pour museler l’opposition.

« Cette cour a délibérément décidé de clouer au pilori une innocente », a déclaré Reckya Madougou, peu avant l’annonce de sa condamnation, qu’elle a accueillie d’un léger sourire. « Je n’ai jamais été et je ne serai jamais une terroriste. »

L’ancienne ministre, dont la candidature à l’élection présidentielle du 11 avril avait été rejetée, a été arrêtée quelques semaines avant le scrutin qui a vu le président Patrice Talon être réélu pour un second mandat avec plus de 86 % des voix.

Mise en examen et écrouée début mars à Cotonou, la capitale économique, l’opposante est accusée d’avoir financé une opération visant à assassiner des personnalités politiques pour empêcher la tenue du scrutin et ainsi « déstabiliser » le pays.

« Cette procédure n’est qu’un coup politique »

« C’est triste pour notre justice. Je maintiens qu’il n’y a pas de preuve », a déclaré à l’AFP l’un de ses avocats, Me Robert Dossou.

« Jugée à 6 h du matin, sans témoins, sans pièces, sans preuve, Reckya Madougou condamnée à 20 ans de prison par trois suppôts du pouvoir. Son crime : avoir incarné une alternance démocratique au régime de Patrice Talon », a réagi sur Twitter un autre de ses avocats, Me Antoine Vey