Infirmerie des Eaux et Forêts : Un infirmier militaire tabasse sévèrement sa collègue enceinte de 5 mois

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Alitée quatre (4) mois durant alors qu’elle mène une grossesse difficile, l’infirmière Aïssatou Mballo n’a pas bénéficié de la compassion de son collègue, le militaire Khalifa Baldé. Un homme, qui, d’après le témoignage d’un de ses autres collègues, n’en est pas à son coup d’essai. Les faits ont eu lieu à l’infirmerie des Eaux et Forêts. Pour des broutilles, il a sévèrement bastonné la dame qui est actuellement en état de grossesse de 5 mois. Ce qui a valu à cette dernière d’atterrir à l’hôpital où les blouses blanches ont conclu une incapacité temporaire de travail de 10 jours. Ainsi, pour des faits de coups et blessures volontaires, la victime a traduit, avant-hier, Khalifa Baldé devant le tribunal d’instance des flagrants délits de Dakar.

La victime charge son présumé bourreau

Interpellée sur le différend qui les oppose, la plaignante Aïssatou Mballo a dit qu’elle et son antagoniste ne s’entendaient pas depuis 3 ans, même s’ils partageaient le même bureau. «Le jour des faits, il m’a demandé de sortir du bureau alors qu’on venait de recevoir un patient. Je lui ai tenu tête. Et quand j’ai avisé le major, ce dernier m’a demandé de sortir. Il m’a insultéepuis giflée devant Mbaye Diaw. Après, il a continué à me rouer de coups. Étant enceinte de 5 mois, je lui ai tourné le dos pour éviter que les coups n’atteignent mon ventre. Malheureusement, il m’a même donné un coup de pied. C’est Mbaye Diaw qui a finalement réussi à le maîtriser. Pour me libérer de ses griffes, je l’ai mordu», a relaté Aïssatou Mballo.

Le mis en cause nie en bloc

Marié et père de 2 enfants, Khalifa Baldé, a reconnu avoir infligé une correction à sa collègue qui,dit-il,l’a injurié. «Le jour des faits, mon ancien était absent. Je consultais avec un autre collègue. Quand le patient est venu, je lui ai demandé de sortir. Elle s’est levée pour s’asseoir sur la chaise de Mbaye Diaw. Quand j’ai insisté, elle est sortie mais elle s’est mise à insulter. Quand le malade est parti, je lui ai demandé de ne plus récidiver devant Mbaye Diaw. Mais, elle m’a insulté de mère. Je l’ai giflée. Quand Mbaye m’a maîtrisé, elle s’est emparée de la pierre qui était près de la porte pour me donner un coup. Elle m’a aussi mordu à la main», a-t-il laissé entendre.

Le témoin enfonce le prévenu

Témoin des faits, Mbaye Diaw a enfoncé le prévenu Khalifa Baldé. Selon ce dernier, c’est lui qui a donné une gifle à la plaignante lorsqu’il les a trouvés en pleine dispute. «Lorsqu’elle est tombée du lit de consultation où elle se trouvait, il a continué à lui administrer des coups», a renseigné ce témoin qui avait dit à la gendarmerie que le mis en cause était un habitué des faits.

La partie civile réclame 5 millions

Dans sa plaidoirie, le conseil de la victime, Me Arona Basse a parlé de dossier révulsant. «Son mari aurait pu lui infliger la correction nécessaire. Ce qui est choquant, c’est le profil du prévenu. Il savait que ma cliente était alitée depuis quatre mois. Jamais il n’aurait dû porter la main sur elle. Elle ne peut même pas monter des escaliers. Elle a fait une grossesse difficile. Le dossier pouvait atterrir devant la chambre criminelle», s’est-il indigné tout en demandant 5 millions pour dédommager sa cliente. Le parquet ayant requis 1 mois de prison assorti du sursis contre le mis en cause, le conseil de celui-ci, Me Moussa Baldé, a estimé que seule la gifle était constante dans cette affaire. Puisque, d’après lui, si son client avait roué de coups la dame, c’est l’ambulance qui allait l’évacuer. Délibéré ce vendredi 29 avril.