Sénégal : Les prémices d’une vaccination aux forceps

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Le président Macky Sall semble décidément avoir du mal à faire dans la sensibilisation lorsqu’il s’agit de vaccin contre le Covid-19. Le chef de l’Etat donne l’air d’être convaincu que seule la méthode martiale permet d’avoir des résultats. Ainsi, Macky Sall veut imposer le vaccin aux Sénégalais. Hier en conseil des ministres, il a clairement indiqué son intention d’instaurer le pass sanitaire, après avoir demandé à son ministre d’accentuer la riposte contre la pandémie de Covid-19, sur l’ensemble du territoire sénégalais.

« Le Chef de l’Etat demande, dès lors, au Ministre de la Santé et de l’Action sociale, de réactiver et intensifier la campagne de vaccination, y compris dans les établissements scolaires et universitaires, en examinant, en rapport avec le Comité national de Gestion des Épidémies (CNGE), les modalités d’instauration d’un pass sanitaire pour l’accès aux lieux publics », souligne le communiqué du conseil des ministres.

Cette instruction intervient quelques jours après que Macky Sall ait agité lui-même l’idée. Samedi dernier, lors de l’inauguration du Centre d’oncologie de Diamniadio, le président menaçait de rendre le vaccin obligatoire pour accéder à certains lieux. Macky Sall semble cibler particulièrement le secteur éducatif.

« Que les gens aillent se faire vacciner. Les vaccins sont là. J’ai dit au ministre (de l’Intérieur) qu’il faut commencer à instaurer dans certains services publics, l’obligation de présenter une carte de vaccination pour y entrer. Ce, pour ne pas mettre en danger la vie des autres. Que ce soit dans les Universités, certains services, les stades… il faut demander au Cnge (Comité national de gestion des épidémies : Ndlr) de proposer des mesures », avait-il lancé.

De l’avis de Macky Sall, « ce n’est pas normal que l’Etat fasse tous les efforts pour acquérir les vaccins et qu’ensuite les gens refusent de se vacciner ».

La position du ministre Samba Sy

Ce discours rappelle à bien des égards un autre tenu en fin février dernier, à l’arrivée des vaccins au Sénégal. A l’époque, il n’était pas question d’inoculer par force le vaccin aux citoyens, mais de sortir les doses du pays, en cas de rechigne.

“Nous devons donner l’exemple et nous l’avons fait. Il faut que les autres suivent. Ce serait dommage qu’on ne prenne pas les vaccins. Si on ne les prend pas, moi, je vais les donner à d’autres pays africains qui en ont besoin, tout simplement“, menaçait Macky Sall après avoir listé quelques noms des autorités déjà vaccinées.

Pour l’instant, il n’y a rien de légal, comme l’avait souligné à l’époque son ministre du travail, Samba Sy. En effet, quand des entreprises telles que la Senelec ont voulu imposer le vaccin à leurs employés, le ministre avait sorti un communiqué pour un rappel à l’ordre.

«Etant donné qu’à l’état actuel de notre législation aucune disposition ne rend obligatoire la vaccination, ces procédés sont discriminatoires et attentatoires aux droits des travailleurs mais aussi sont dépourvus de fondement juridique’’, affirmait Samba Sy. Il faut donc plus qu’une instruction en conseil des ministres, sauf si on veut violer la loi.