Au Maroc, 4e jour d’efforts pour sauver le petit Rayan, tombé dans un puits

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Quatre jours après la chute du petit Rayan, âgé de cinq ans, dans un puits d’un village situé dans le nord du Maroc, les secours étaient toujours à pied d’œuvre, vendredi, pour le sauver. L’affaire suscite l’émotion au-delà des frontières marocaines.

Les sauveteurs poursuivaient, vendredi 4 février, leur laborieux forage pour tenter d’extraire vivant le petit Rayan, un enfant de cinq ans tombé dans un puits profond d’un village au Maroc, il y a quatre jours.

Le garçonnet, dont le sort émeut tout le pays et au delà, est tombé accidentellement, mardi après-midi, dans le puits asséché, étroit et difficile d’accès, creusé près de la résidence familiale dans le village d’Ighrane.

Les secouristes ont acheminé de l’oxygène et de l’eau jusqu’au fond du puits exigu, ce qui laisse penser que Rayan est toujours vivant, selon les médias locaux.

Le ballet des engins mécaniques déployés pour déblayer le terrain autour du puits de 32 mètres de profondeur ne cesse pas sur le lieu du drame, un village proche de la localité de Bab Berred, dans la province de Chefchaouen (nord), a constaté l’AFP.

Garder espoir

Selon les autorités locales, les équipes de secours procèdent aux derniers travaux de forage vertical pour atteindre le fond du trou.

Parallèlement, elles ont engagé une opération de stabilisation du terrain alentour afin de pouvoir creuser un tunnel horizontal de trois mètres pour ramener le garçonnet, tout en évitant de mettre en danger les secouristes.

Ces opérations complexes sont menées sous la supervision de sapeurs du génie et d’équipes de topographes et de la Protection civile.

Mais cette phase du sauvetage est délicate en raison du risque d’éboulement dû à la nature du sol, certaines couches étant sableuses et d’autres rocheuses.

« On y est presque. On travaille d’arrache-pied depuis trois jours. La fatigue se fait sentir mais toute les équipes de secours résistent malgré les imprévus », explique un conducteur de travaux, Abdesalam Makoudi.

« Rayan jouait à côté mais il a disparu (mardi) vers 14 h. Toute la famille s’est mobilisée pour le chercher jusqu’à ce qu’on apprenne qu’il était tombé dans le puits », a raconté à la presse locale la mère de l’enfant, les yeux embués de larmes.

« Je garde toujours l’espoir qu’ils remontent mon fils vivant. »

Une équipe médicale a été dépêchée sur les lieux afin de « réaliser les examens initiaux et les interventions de réanimation à l’enfant une fois secouru », selon l’agence de presse MAP.

Un hélicoptère médicalisé est prêt à le prendre en charge.

« Nos cœurs sont avec la famille et on prie Dieu pour qu’il retrouve ses proches au plus vite », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas.

Solidarité

Plusieurs scénarios ont été étudiés pour sauver le petit Rayan.

Dans un premier temps, les équipes de secours ont tenté de descendre directement dans le puits, une opération avortée car son diamètre ne dépasse pas 45 centimètres.

Ils ont pensé à élargir le diamètre du puits, opération impossible à cause du risque d’éboulement.

Seule solution : creuser autour du puits.

Ce drame a suscité énormément de sympathie et de solidarité sur les réseaux sociaux.

Ce vendredi matin, les directs de plusieurs médias marocains continuent de drainer des centaines de milliers d’internautes, suspendus au sort de l’enfant.

« Tiens bon petit Rayan, tiens bon s’il te plaît », implore une internaute sur Twitter.

D’ailleurs le hashtag #sauvezrayan (en arabe) figure parmi les principales tendances de Twitter au Maroc pour le deuxième jour consécutif.

En outre, les habitants de la région sont aussi nombreux sur le lieu de l’accident, ce qui entrave parfois le travail des équipes de secours.

« Nous sommes venus prêter main forte aux secouristes. Cela fait trois jours qu’on est sur place. Rayan est un enfant de notre région, on prie Dieu pour qu’il soit sauvé », témoigne un volontaire. « On ne partira pas avant qu’il ne soit sorti du puits ».

Cet accident fait écho à un drame survenu début 2019 en Espagne, en Andalousie. Un enfant de 2 ans avait trouvé la mort après avoir chuté dans un puits abandonné, de 25 centimètres de diamètre et plus de 100 mètres de profondeur, creusé pour trouver de l’eau.

Le corps du petit Julen avait été retrouvé au bout de treize jours de recherches d’une ampleur exceptionnelle.